La
vie
religieuse
Le cimetière rural au XIXème
siècle
à travers l'exemple
du département de la Somme.
Par
Marc Nadaux
Cimetière, du grec koimêtêrion et du latin
coemeterium, signifie "lieu où l'on dort". Cet euphémisme désigne
en fait l'endroit où l'on dépose les cadavres, où on les met en terre
dans nos régions.
Le cimetière, lieu donc d'inhumation, n'est pas un espace neutre. Là,
selon la religion et la doctrine chrétiennes, les défunts attendent la résurrection
des corps après la mort. C'est un "lieu de repos après les travaux,
les vicissitudes, les maladies et la mort... C'est un lieu terrible parce
que c'est là que la justice de Dieu règne en souveraine, mais chargé
d'espérance" (1). Le "champ des morts" est ainsi un
espace consacré par la religion.
De plus, l'ensemble de la communauté du village entretient un lien tout
particulier d'affection à l'égard de son cimetière. En effet, chacun
possède un parent ou un ami enterré à l'intérieur de ses murs ; chacun
souhaite être placé après sa mort auprès de sa famille et de ses ancêtres,
de ses proches. Ainsi, tous les habitants s'y rassemblent après leur décès,
le cimetière recréant un "village des morts" situé à l'intérieur
ou à l'extérieur du "village des vivants".
(1)
. Le Dimanche. 25 Novembre 1877. n° 335

|