Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

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La vie religieuse


Un problème communal au XIXème siècle :
 le déplacement du cimetière extra muros.


Par Marc Nadaux






Pendant l'Antiquité et le Moyen Age, les inhumations se faisaient ad sanctos (près du tombeau des Saints, de leurs reliques), dans un espace sacré qui comprenait à la fois l'église et ses dépendances. "Le mot de coemeterium ne désignait pas nécessairement le lieu réservé aux inhumations mais tout l'enclos qui entourait l'église ... On enterrait partout dans cet enclos, dans l'église et autour de l'église, dans les cours, dans !es cloîtres" (1). L'église et son enclos (qui devint par la suite le cimetière proprement dit) ne constituaient alors qu'un même ensemble. Cet espace sacré était placé au milieu des habitations, au cœur de la vie publique. Le cimetière était, pour les populations, un lieu de marché, de réunions. On vivait ainsi pendant toute cette période dans une certaine familiarité avec la mort.

Le XVIIIème siècle cependant amène une évolution dans les mentalités. On s'inquiète à propos des corps décomposés, de "leur redoutable chimie" (2) et donc à propos du cimetière, de son voisinage vis-à-vis des habitations. Ce mouvement d'opinion aboutit à la déclaration royale du 20 Mars 1776, qui oblige notamment les villes et les bourgs à déplacer leur cimetière hors de l'enceinte des habitations. Dès lors, certains lieux d'inhumation sont transférés extra-muros et ce, dans l'indifférence quasi générale des populations. Dans d'autres cas cependant, cet évènement controversé provoque des émeutes dans les villes et les bourgs concernés.
Cette tendance qui se dessine à la fin de l’Ancien Régime, s'affirme au XIXème et au XXème siècles. Entre Amiens et Abbeville, de nombreux cimetières se déplacent extra-muros pour des causes et dans des conditions différentes selon les époques. Dans tous les cas cependant, cette translation est synonyme, pour les communautés rurales, de bouleversement dans les habitudes, dans les relations qu'elles entretiennent quotidiennement avec le sacré.


(1) . P. Aries. Essais sur l'histoire de la mort en Occident du Moyen-Aqe à nos jours, Seuil 1975. 237 p., p. 156
(2) . Ibid, p.160.










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