De nombreux calvaires sont alors
érigés pendant la période concordataire dans le département de la
Somme. Aux croix de pierre des périodes antérieures s’ajoutent des
monuments aux multiples aspects.
Des croix de bois tout d’abord.
Deux simples poutres assemblées forment ainsi une croix latine. Celles-ci
sont cependant sensibles aux intempéries et à l’usure du temps.

Croix de bois érigée en 1888
dans la commune de L'Étoile.
Mais en fait, la grande majorité
des calvaires érigés au XIXème siècle et qui subsistent encore sont des
croix de fer. L’ornementation en est particulièrement soignée. On est
ainsi étonné du nombre important de compositions différentes, de motifs
utilisés. La bissectrice de l’angle des deux bras de croix est souvent
employée comme axe de décoration. Elle devient une flèche, une
hallebarde, une flamme, la pique de la Passion … L’espace entre les
deux bras de la croix est lui-même occupé par des motifs circulaires en
fer forgé, de forme plus ou moins complexe. Certains motifs se répètent
parfois à l’intérieur d’un espace regroupant quelques communes, on
peut alors y déceler le style, l’empreinte d’un même artisan local,
d’un forgeron. Cependant, les principaux élément décoratifs des
calvaires sont ceux fixés aux extrémités des bras de la croix. On
utilise tout d’abord le trèfle dans la première moitié du XIXème
siècle. Puis à partir du Second Empire, les types de motif employés se
multiplient : une pomme de pin (Havernas), une feuille avec des
fruits (Wanel), une étoile entourée d’un cercle (Brucamps), un épi de
blé (Bonneville), un soleil (Flesselles) …

Une croix vraisemblablement érigée
à la fin du Second Empire dans le
village de Seux.
A partir de la seconde moitié du
XIXème siècle, les éléments de décoration s’uniformisent cependant. S’ils
sont plus nombreux, ils se répètent pourtant, sans grande originalité.
Ils sont désormais fabriqués en série dans des manufactures, dans les
fonderies des villes voisines, à Abbeville ou à Amiens, et même à
Paris… Le calvaire s’agrémente ainsi dès lors de figures moulées
dans de petites plaques de tôle ou de fonte (un visage d’ange, des
rayons de soleil, l’agneau mystique…). Les artisans locaux les
assemblent ensuite aux montants du calvaire, au-dessus de la figure du
Christ notamment. Le rôle de ces derniers s’amenuisent donc.

Croix de fer plantée à Vaux-sur-Somme
à la fin du siècle.
La croix
en elle-même est bien souvent formée de quatre montants entre lesquels
se place la Vierge Marie. Avec ce type de croix de chemin, deux symboles
religieux, deux formes de dévotion se retrouvent associés en un même
monument religieux. C’est ainsi l’expression du mouvement de renouveau
du culte marial initié par Pie IX et stimulé par la vogue des
pèlerinages.

Dans la commune de Fluy,
une croix érigée en 1897.
(1) . Inscription
apposée sur la croix.
(2) . Le Dimanche, 3 octobre 1897, n°1371.
