Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

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La plantation d'une croix de chemin :

un événement paroissial.

Pourquoi planter une croix de chemin ?






Diverses causes président au XIXème siècle à la plantation d’un calvaire sur le territoire de la commune.

Au début du siècle, il s’agit de relever la croix du village abattue au cours de la période révolutionnaire. Ainsi en 1806, à Cardonnette dans la canton de Villers–Bocage, le maire et le desservant écrivent de concert au préfet (conformément aux prescriptions de la circulaire du 6 thermidor an XII) afin que celui-ci les autorise à planter une croix. Ils font alors valoir que " celle-ci est absolument nécessaire au culte et doit servir comme celle qui précédait de station lors de la procession qu’on fait les jours des dimanches et des fêtes avant la Messe paroissiale " (1).

Par la suite, d’autres calvaires sont érigés afin de commémorer un événement. Nombreux sont ceux qui ont été plantés à l’issue d’une mission, une prédication dirigée par des prêtres spécialisés et extérieurs à la paroisse qui se déroule généralement sur une période d’une semaine. Celles-ci, organisées notamment par les Pères lazaristes, se multiplient au cours du XIXème siècle " afin de ranimer les sentiments de foi et de piété " (2). La journée de clôture de la prédication s’achève alors par l’érection d’un calvaire destinée à en préserver le souvenir. A Limeux en 1886, Madame Galland élève, elle, une croix " à la Gloire de Dieu " (3) dans le village, à la suite du retour de son pèlerinage effectué à Lourdes.

Parfois également, l’érection d’un calvaire est destinée à expier un fait anormal qui entache les lieux où celui-ci s’est produit. Ainsi, au hameau de Bichecourt près d’Hangest-sur-Somme, une croix de chemin est plantée sur le bord d’un talus dans une descente dangereuse. Elle rappelle qu’ " Ici est mort accidentellement Oscar Dumetz, négociant à Vignacourt (un village voisin) le 8 mai 1878 à l’Age 28 ans " (4).

La plantation d’une croix de chemin peut également être une forme d’hommage funéraire. A Molliens-aux-Bois en 1872, la plantation d’une croix " est le pieux hommage d’un père chrétien et résigné dont le fils unique n’avait échappé aux balles de l’ennemi (lors des combats de la guerre de 1870-1871) que pour tomber sous le coup d’une maladie alors qu’il était encore au poste du devoir et de l’honneur sous les remparts de Paris " (5). Quelques calvaires ont également été érigés en souvenir des villageois morts au cours des combats de la guerre de 1870-1871 (à Quevauvillers) ou de la première guerre mondiale (à Fourdrinoy ou à La Vicogne).

A Cardonnette, une croix est plantée à l’entrée du village, à la suite de l’épidémie de 1849 en signe de reconnaissance : " la jeunesse et les habitants de Cardonnette afin de soustraire au choléra qui multipliait parmi eux les victimes, ont fait vœu d’ériger cette croix, leur unique espérance, ce vœu fut exaucé aussitôt que formé et ce monument de leur piété devient comme un gage de leur reconnaissance. Vie Jésus, vive sa voix ! " (6).






(1) . Lettre du maire et du desservant au préfet datée du 20 mai 1806. O 1053, Cardonnette, ADS.
(2) . Le Dimanche (semaine religieuse du diocèse de la Somme), 14 avril 1872, n°42.
(3) . Inscription placée sur la croix.
(4) . Ibid.
(5). Le Dimanche, 14 avril 1872, n°42.
(6) . Inscription apposée sur la croix.














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