Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

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La plantation d'une croix de chemin :

un événement paroissial.

Qui finance l’érection du monument ?






Au XIXème siècle, les croix de chemin proviennent généralement de donations d'habitants aisés du village, le meunier Augustin Caron en 1828 à Bavelincourt ; de notables, Quentin Balédent, " agriculteur et notaire " (1) en 1809 à Pernois ; de la noblesse locale, madame Poujol de Fréchencourt en 1884 à Fréchencourt, madame la contesse de Brutelette en 1890 à Liercourt ; d’une personnalité parfois, monsieur le vicomte de Raineville, sénateur de la Somme en 1876 à Allonville ou l’évêque monseigneur Bataille en 1873 à Rubempré.

Parfois également, la donation se partage entre plusieurs personnes. Le terrain sur lequel est plantée la croix, provient ainsi souvent du châtelain du village ou d’un gros propriétaire terrien ; la croix de fer ou le chêne dans lequel sont taillés les montants de la croix sont eux des dons de particuliers, d’une famille ; quant au Christ lui-même, la coutume veut que la somme nécessaire à son achat par le prêtre soit réunie au moyen d’une souscription auprès de l’ensemble de la communauté paroissiale.

Dans certains cas également, l’érection d’un calvaire dans le village n’est le fait que de la générosité d’une pieuse famille. Ainsi à Berteaucourt-les-Dames à la fin du siècle, " les pays voisins se souviennent des grandes manifestations qui ont suscité les Plomet et les Ducrocq " (2). Par un accord tacite cependant,  la croix et le terrain sur laquelle celle-ci est érigée fait bientôt partie des possessions de la fabrique. Le conseil des fabriciens qui gère et entretien les biens de la paroisse se charge alors de pérenniser le monument. Parfois d'ailleurs un acte notarié officialise la donation
(Doc 5)

La plantation d’une croix, tout comme la construction d’une nouvelle église s’inscrit également dans le cadre des rivalités, de l’émulation entre les communes. De plus, le calvaire, après son érection, est appelé par le nom de son généreux donateur, la croix Duvillé à Saveuse, la croix Bourgeois à Allery ou la croix Clément à Bailleul … Ainsi, entendre son nom associé à l’un des monuments du village, qui plus est lorsqu’il s’agit de l’image vénérée du Christ, est la source d’une grande fierté personnelle.

Ce genre d’émulation est donc lui aussi présent à l’intérieur du village, même entre les grandes familles, les notables locaux. Ce sentiment dépasse le cadre du temps et des générations. Ainsi à Revelles, les trois calvaires qui jalonnent le territoire communal sont tous trois monumentaux. 









Le plus ancien d'entre-eux
érigé en 1851
sur un piédestal en pierre circulaire
du XVIème siècle (1533).














Un Christ particulièrement expressif
de taille humaine 
sur une croix de bois
d’une hauteur de 6 mètres
plantée en 1892.












  Un riche calvaire en béton
datant de 1933
  et orné d’un Christ en bronze.










(1) . Inscription apposée sur la croix.
(2) . Le Dimanche, 3 octobre 1897, n°1371.













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