La
vie
religieuse
Les églises du XIXème
siècle dans la Somme :
"
Une fièvre de reconstruction ".
Par
Marc Nadaux
Sous le Consulat, Bonaparte prend
conscience que le catholicisme, qui a résisté malgré tout à la
tourmente révolutionnaire, peut être une des bases du nouvel ordre qu'il
cherche à établir. Le Concordat, signé
avec le Pape Pie VII, le 16 Juillet 1801, concrétise ce dessein
politique.
La religion catholique est reconnue comme "celle de la majorité des
Français". Désormais, les Évêques, nommés par le Gouvernement,
reçoivent du Pape l'investiture canonique. Les "desservants",
nommés par les Évêques, sont choisis parmi les candidats agréés par
le Gouvernement. Tous les ecclésiastiques reçoivent un traitement de l'État,
le Concordat ayant également entériné la vente des Biens du Clergé.
Celui-ci ne retrouvera donc plus sa richesse d'antan.
Au cours du XIXème siècle, se succèdent différents régimes
politiques, notamment la Restauration de 1815 à 1830 et la Monarchie de
Juillet de 1830 à 1848, puis le Second Empire de 1852 à 1870, et enfin
la Troisième République. L'Église, quant à elle, est troublée par des
querelles spirituelles et sociales.
Enfin, en 1905, elle se trouve confrontée à une nouvelle crise. La
dissolution de presque tous les Ordres religieux français, puis la loi
de Séparation de l'Église et de l'État, mettent fin au régime
concordataire.
Le XIXème siècle, et plus précisément la période
concordataire (1801 1905), est marqué par un intense mouvement de
restauration et de reconstruction des églises. Ainsi, "plus du quart
de nos églises ont été élevées au siècle dernier" (1).
Le département de la Somme n'échappe pas à cette "fièvre de
reconstruction" 150 églises environ auraient été édifiées à
cette époque. Entre Amiens et Abbeville, domaine de notre étude qui
porte sur huit cantons, 53 églises datent ainsi de cette époque.
(1) . C.
Bouchon, C. Brisac, M.J. Chaline, J.M. Leniaud, Ces églises du XIXème
siècle, Encrage Éditions, Amiens, 1993, 270 p. , p. 13.

|