Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

Les Articles






Marseille au XIXème siècle :
la ville et le port.

De nouvelles conditions







  • Marseille et l’arrière-pays


L’axe Marseille-Lyon-Paris est un des traits dominants de l’économie. Par voie de terre, sur le fleuve, des tonnes de marchandises sont ainsi acheminées dans la vallée du Rhône. Cependant, malgré la construction des routes royales, Marseille demeure à sept jours de trajet de la capitale. Suivant le modèle anglais, on réfléchit ainsi à la venue du chemin de fer. Celui-ci paraît nécessaire, car la rapidité et l’abaissement du coût des transports sont un argument décisif aux yeux des négociants. Cependant, si la loi sur les chemins de fer, promulguée le 11 juin 1842, doit à moyen terme, amener la constitution du réseau français, de nombreuses questions demeurent en suspend dans le cas de Marseille et de son arrière-pays.

Le train doit-il s’arrêter à Arles, avant de gagner Avignon et Lyon ? Se pose également le problème du coût des travaux ; à la sortie de la ville est prévu le percement de la montagne de Rove. Toutes ces discussions s’enveniment également, quand les rouliers et autres bateliers dénoncent le tort que ferait la venue du chemin de fer pour leurs professions. Enfin, le 9 janvier 1848, est inaugurée la ligne Marseille-Arles. Suivant la relation qu’en fit Le Sémaphore, ce jour-là, les officiels et autres notabilités locales, " s’asseyaient dans ce formidable train de vingt-et-un wagons pouvant contenir à l’aise chacun trente-deux voyageurs que deux locomotives devaient emporter... ". Le trajet dure deux heures vingt-cinq minutes.

Avec le train, c’est l’arrière-pays qui se lie davantage à sa ville, c’est également le progrès qui arrive à Marseille.



  • L’avènement de la vapeur


Le 3 novembre 1818, un événement a lieu au port. Le Fernandino Ier est à quai et c’est le premier navire à vapeur qui arrive à Marseille. Si les armateurs saisissent rapidement l’opportunité de cette innovation, les autorités locales sont plus réticentes à l’adoption du steamer. Ce n’est qu’en 1838 que Marseille commence à l’utiliser pour remorquer les navires en haute mer. Et pourtant, la ville connaît le mistral cinquante journées dans l’année en moyenne, auquel s’ajoute le désagrément des vents contraires. Mais la vapeur ne risque t’elle pas de faire diminuer le nombre des marins ?

Dans les décennies qui suivent, le steamer s’enrichit de nouveaux progrès techniques : la construction de coques en fer dès 1845, l’hélice qui remplace la roue à aube auparavant. Ceci permet de diminuer la dangerosité du navire, d’en réduire la voilure également. Avec le steamer, Alger est à moins de trois journées de Marseille, Alexandrie à deux semaines et Bombay à un mois environ. Petit à petit, la foret des mats qui encombrent le port s’éclaircit au profit de la fumée noire qui sort des cheminées.


La flotte du port de Marseille



Si les voiliers demeurent plus nombreux tout au long du siècle, le nombre des navires à vapeur est en augmentation constante, avant le triomphe définitif dans l'entre-deux-guerres. A noter que ces derniers ont également un plus fort tonnage.



  • Le développement du commerce colonial


Depuis longtemps, Marseille tire profit du commerce méditerranéen. Ses navires assurent ainsi régulièrement la traversée vers les cotes du Maghreb où des négociants ont installé leurs comptoirs. Ce trafic prend un tour nouveau sous la Monarchie de Juillet, avec le commencement de la conquête de l’Algérie. Désormais, tout produit en provenance de ces régions sous la domination française doivent être transporté par des navires de la métropole. Le port français du Levant tient là une nouvelle opportunité, qui se confirme à la fin du siècle quand Jules Ferry décide de relancer la conquête de l’Afrique noire. Entre temps, le Second Empire aura vu s’achever le canal de Suez.

Vers 1830, un premier projet de percement d’un canal reliant la mer Méditerranée à la mer Rouge avait été échafaudé par les disciples du comte de Saint-Simon. En 1854, Muhammad Sa’id, nouveau vice-roi d’Égypte, confie l’entreprise à Ferdinand de Lesseps. Quatre années plus tard, celui-ci fonde la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Les travaux de percement commencent le 25 avril 1859, mais c’est seulement dix années plus tard que les eaux des deux mers se joignent. Ce projet pharaonique s’est en effet heurté à de grandes difficultés. Cependant, contrairement aux craintes des Anglais, le canal n’est pas aussi fréquenté qu’on l’espérait à Marseille. De plus, cette nouvelle liaison avec les Indes et la Chine, comme l’Abyssinie, profite davantage aux ports italiens.



Nombre de navires arrivant à Marseille par le canal de Suez














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