Marseille
au XIXème siècle :
la ville et le port.
Le
développement du port.
Pendant la
première moitié du siècle, le trafic du port augmente de manière
constante :
| 1825
|
11.490
navires
|
| 1840
|
13.380
|
| 1847
|
24.600 |
Des centaines de
bateaux sont parfois à quai, rangés en plusieurs lignes. Ceci ne
facilite ni le déchargement, ni la circulation dans le bassin du Vieux
Port. Au Sud, près du Fort St-Nicolas, on creuse alors le Bassin du
Carénage, entre 1830 et 1840. Mais il faut envisager des aménagements
sur une plus vaste échelle et, à la fin de la Monarchie de Juillet, de
multiples projets sont examinés par les autorités.
1837, projet
de la porte Sud

Contrairement au plan ci-dessus, c'est au Nord de la ville que sont
creusés de nouveaux bassins, agrémentés de quais : le port de la
Joliette de 1844 à 1853, le Lazaret d'Arène de 1936 à 1884, le National
de1863 à 1874.
Les nouveaux
bassins à la fin du Second Empire

L'augmentation du
trafic du port de Marseille doit beaucoup au commerce colonial, en
expansion constante au cours du siècle. Celui-ci représente un volume
toujours plus important.
Le trafic avec les
colonies

A la fin du siècle, 90 % de l'activité du port
s'effectue dans le cadre des relations avec les colonies, celles d'Afrique
du Nord surtout qui comptent pour les 3/4 de l'ensemble. Ces relations
reposent sur un schéma simple : Marseille exporte ses produits
manufacturés (produits alimentaires, matériels militaires, biens
industriels...) tandis que lui arrive des matières premières (minerais et
phosphates...) ou des denrées agricoles (café, coton, arachide...). Le
prix de ces dernières cependant est fixés à Paris, ce qui enlève pour une
bonne part aux négociants marseillais leur capacité à influer sur le
trafic.
L'industrie
marseillaise est étroitement liée à la nature et aux fluctuations des activités portuaires. De même que
pour l'arrière, celles-ci lui fournissent un débouché pour ses productions
ainsi qu'une matière première en abondance.
A l'origine, les huileries utilisent la production locale d'olives, avant de se
tourner rapidement vers la graine de sésame, la noix de coco ou d'arachides et
de coton. Si l'activité connaît un certain intérêt - Marseille compte 4
moulins en 1836, 43 en 1856 - , les sites de production ne dépassent pas le
stade de l'artisanat. Et à la fin du siècle, les lois protectionnistes qui
visent à favoriser la production nationale, le colza cultivé dans les plaines
du Nord, rendent l'huile marseillaise moins concurrentielle.
Huileries et savonneries sont bien souvent la propriété d'un seul et même entrepreneur, puisque l'on utilise les
déchets des premières chez les secondes. Et là également, une seule société
parvient à dépasser la centaine d'employés au cours du siècle. Ces
entreprises de petites tailles font néanmoins la renommée du savon de
Marseille et leur nombre croit dans l'agglomération.
Nombre de
savonneries

Des raffineries de sucre fonctionnent également, grâce aux arrivages du
Ponant cependant. Leur nombre décroît au cours du siècle, car se concentre la production.
De 17 en 1830, elles ne sont plus que 3 en 1871. On trouve également
d'autres industries à Marseille, en rapport avec les précédentes
(tonnellerie, cartonnerie, raffinerie...) ou avec l'activité du port
(distilleries, fabriques de pâtes, tanneries, corderie...).
