Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

Les Articles






Marseille au XIXème siècle :
la ville et le port.

Les transformations de la ville.







  • La société marseillaise


Le développement du port est donc à l'origine du maintien et du dynamisme des industries locales. Suivant en cela le schéma français, Marseille ne voit s'installer que très progressivement au cours du siècle la grande industrie. A coté du petit peuple des matelots, ou de l'artisanat, la population ouvrière est néanmoins de plus en plus importante. On recense ainsi 4.185 ouvriers à Marseille en 1848, 35.510 en 1890 soit 1/10e de la population totale de l'agglomération. La dureté de leur travail fait que ces derniers sont mieux rémunérés que dans d'autres grandes villes, pour une journée de travail qui bien souvent est plus courte. En 1890, un docker peut ainsi espérer gagner 6 Frs pour dix heures de labeur quotidien. Il doit néanmoins subir la concurrence des étrangers, présents en nombre dans le port, et qui acceptent de s'embaucher avec de moindres exigences. Aussi le monde ouvrier s'organise. En 1888, est créée la deuxième Bourse du Travail de France. Celle-ci comptera jusqu'à 15.000 adhérents.

Ceux-ci ont bien souvent pour interlocuteur l'armateur-négociant. Situé au sommet de la hiérarchie sociale, ce personnage contrôle tous les aspects du commerce à Marseille. Il fait construire ses propres navires, sur lesquels naviguent son personnel. Ceux-ci assurent la liaison entre le port et les colonies, où ils ont affaire à des représentants de commerce. Eux aussi sont au service de cette haute-bourgeoisie. La concentration verticale des activités à leur profit ne s'arrêtent pas là dans sa diversification, puisque bien souvent l'armateur-négociant se fait également industriel. Quelques grandes familles s'illustrent ainsi : les Clot-Bey et les Pastré en Égypte, les Roux en Grèce, les Fabre au Mozambique... A la fin du siècle, ces dynasties auront bientôt à lutter avec la création des grandes banques d'affaires, dans un contexte économique moins serein. Ce marasme contraint d'ailleurs le gouvernement à imposer des lois protectionnistes. Maître de la place et privé désormais de toute concurrence, le négoce marseillais vivotera ainsi pendant de longues décennies.     



  • L'aménagement urbain


La ville de Marseillaise connaît au cours du XIXème siècle une croissance spectaculaire de sa population. 


L'évolution de la population



Ceci est à mettre sur le compte du développement des activités portuaires et industrielles de la ville. Ainsi en 1886, 57 % des habitants ne sont pas nés à Marseille, mais dans l'arrière-pays voisin ou même à l'étranger. A l'exode rural en effet, s'ajoute une immigration importante, italienne notamment. Et en 1906, sur 515.000 Marseillais, 102000 sont étrangers, soit 20 % de la population totale. La cité phocéenne devient cosmopolite, un caractère que soulignera trente années plus tard Blaise Cendrars, le " bourlingueur ".

La ville s'étend également. Dans la banlieue, occupée pendant la première moitié du siècle par la vigne et l'olivier, s'installent les usines et les logements ouvriers. Une autre partie des classes populaires demeurent dans la vieille ville en compagnie des classes moyennes, artisans et commerçants. Aux premiers cependant, les faubourgs nauséabonds, éloignés des lieux de travail. La haute bourgeoisie marchande, elle, trouve place près du Vieux Port, dans la partie Sud de la Canebière. Marseille voit ainsi ses quartiers se spécialiser en fonction de l'appartenance sociale.

La ville quitte donc son aspect moderne et vieillot, suivant les vœux de la bourgeoisie triomphante. Sur le modèle haussmannien, le centre-ville est éventré au profit de larges avenues, la rue Impériale notamment (aujourd'hui rue de la République). Des immeubles apparaissent également, tandis que la ville s'équipe en monuments. Le palais de la Bourse est construit en 1860, le palais de Justice entre 1856 et 1862, le palais du Pharo entre 1858 et 1862, le palais de Lonchamp entre 1862 et 1870. Sortent également de terre l'Observatoire (1864-65), la Préfecture, Notre-Dame de la Garde (1853-64) ainsi que trente-huit autres églises. Au cours du siècle, et notamment sous le Second Empire, Marseille ressemble ainsi à un vaste chantier.

  

Cité construite sous le Second Empire à l'emplacement du Lazaret













 © Anovi - 2002