Vie
militaire.
Léon
Briot, un officier de marine.
Par Marc Nadaux
Léon
Briot, le franc-comtois, fils de notable, choisit la carrière militaire,
celle qui doit le mettre au service de la marine de guerre de la Monarchie de
Juillet. " Entré en service " en 1843, nommé Enseigne de vaisseau
en 1849, promu ensuite Lieutenant de vaisseau en 1855, Capitaine de
frégate en 1864, et enfin Capitaine de vaisseau en 1873, il poursuit une
carrière honorable. " C’est un officier remarquable ",
note le Contre-Amiral de La Roncière, commandant l’escadre d'évolution
sous le Second Empire. Lui est alors attribuée à présent la croix d'officier
de la Légion d'honneur. A Cherbourg, le 27 juillet 1867, Léon Briot reçoit
cette décoration des mains mêmes de l'Impératrice Eugénie. Ses
relations, ses états de service et surtout ses capacités au commandement
doivent le mener au sein des cadres de l'Amirauté. En
effet, il est " du petit nombre des officiers qui ne doivent pas
s’arrêter au grade de capitaine de vaisseau ", c’était
l’avis qu’avait émis à son sujet le vice-amiral Jurien de la Gravière,
commandant en chef de l’État-major général, au mois d’octobre 1869.
En faveur sous le Second Empire, l’avènement de la Troisième République
ne nuit pas à son avancement. En 1876, à quarante-neuf ans, Léon Briot
est nommé au commandement de la station de Terre-Neuve. L’espérance de
l’accession au grade de Contre-amiral ne lui est donc pas interdite.
Mais le
9 février 1876, l'officier décède subitement à son domicile
parisien.
S’il demeure attaché à sa famille, Léon Briot,
qui songe à faire carrière, est également avide de présence en mer. Ce
désir est en accord avec l’évolution du métier d’officier de
marine. Avec la multiplication des théâtres d’opération, les besoins
de l’armée de terre en transport de troupes, celui-ci navigue beaucoup.
Les propos du vice-amiral,
vicomte de Chabannes-Curton La Palisse - " Il est un officier
d’avenir qu’il faut employer à la mer " - vont se vérifier.
Le capitaine Briot effectue pendant ses trente-deux années de service
vingt-quatre années et sept mois " à la mer ". Bien
noté de ses différents supérieurs, des commandements divers lui sont
confiés, après un long séjour à la Réunion de 1847 à 1851. Il est
ainsi second à bord de l'Artémise et longtemps en station à Tahiti, de
1851 à 1855, puis à bord de l'Aigle, de l'Impétueuse, de 1860 à 1865,
deux navires modernes à vapeur de " l'escadre d'évolution ".
Apte à toutes les manœuvres en mer, Léon Briot se révèle également
sa capacité au maniement de ces nouveaux maîtres des mers, les "
batteries flottantes " armées sur le pont supérieur de canons
rayés. A ce titre, à bord de la Magnanime, il participe à l'évacuation
des troupes françaises qui quittent le Mexique au printemps 1867.
Formidable exploit technique et logistique. L'officier est habile à
l'encadrement d'un équipage, il se révèle également dans le domaine de
la diplomatie. Lui échoit en effet la mission de commander l'Orénoque,
qui séjournera longtemps à Civitavecchia, de 1870 à 1874, dans l'attente des
événements de la Papauté.
Au cours de ces années d'éloignement des siens, de sa
Franche-Comté natale, Léon Briot a beaucoup écrit. A sa sœur Lise
notamment, toujours avide de ces descriptions des paysages, des mœurs des
habitants de ces lieux exotiques où ce dernier a vécu. Ces horizons sont
bien lointains pour ces terriens. Ceci est une chance pour nous
aujourd'hui, car la plume de Léon Briot est toujours précise, ses propos
imagés, parfois hauts en couleur. Rio, Bombay, la Ruée vers l'or en
Californie, Tahiti..., d'autres lieux revivent ainsi dans ces lettres.
Bien évidemment, c'est toujours l'œil de l'Européen qui nous guide,
celui du l'officier de marine. Gardons à l'esprit qu'en ces décennies,
celui-ci est un des acteurs de la colonisation française sur les quatre
continents.
Quelques jalons d'une
brillante carrière.
Une abondante correspondance
marquée par l'attrait de l'exotisme.
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