Vie culturelle
Spectacles.
L'interdiction des " courses de
taureaux " dans le Midi,
1894 -1895.
Par Marc Nadaux
Les courses de
taureaux apparaîssent au Moyen-Age dans le Sud de la France et, au XIXème
siècle, elle se transforme en corridas, en spectacle dans un lieu clos, avec
mise à mort du taureau sur le modèle espagnol. Ce développement de la
tauromachie dans le Midi s'accompagne cependant, dans le reste du pays, de
l'émergence d'un nouveau sentiment, plus protecteur, à l'égard des animaux.
Dès le Second Empire, la " loi Grammont " du 8 juillet 1850
sanctionne, par des peines d'amendes, les mauvais traitements sur les animaux
domestiques exercés publiquement et abusivement. Elle vise en particulier les
chevaux d'élevage.
Aussi, les corridas ont parfois lieu, y compris en présence du président de la
République Sadi Carnot en visite à Dax, même si, de fait, elles sont
hors-la-loi sur le sol français.
Alors que Bayonne
inaugure ses nouvelles arènes en ciment, au printemps 1894, les désirs d'un
excentrique, l'industriel du sucre Lebaudy, qui souhaite organiser l'année
suivante dans sa propriété de Paris une de ces corridas provoquent l'incident.
Une circulaire du 26 septembre 1894 du ministre de l'Intérieur interdit les
spectacles taurins. Et les toreros espagnols qui officient dans les arènes du
Midi sont raccompagnés de force à la frontière.
Se crée alors en 1896 une Association des villes taurines du midi, tandis que
plusieurs manifestations d'opposition à l'interdiction drainent les aficionados
français. L'une d'entre-elles, aux arènes de Nîmes, est présidée par
l'écrivain et chantre de la Provence Frédéric Mistral, le 14 octobre 1894. Un
compromis arrive néanmoins, avec la nomination d'un nouveau ministre, le béarnais
Louis Barthou. Les corridas sont désomais admises par les autorités, mais
placées sous la responsabilité du maire et le contrôle du préfet.

Le Petit Journal, 15 octobre 1894.


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