Sports, loisirs et divertissements.
Le
cinéma du Petit Journal, 9 avril 1904.
Par Marc Nadaux
Le cinéma naît avec le siècle, le XXème siècle.
Inventé à la suite de multiples perfectionnements techniques par les
frères Lumière en 1895, la première projection publique a lieu au mois de
décembre dans le Salon indien du Grand Café à Paris. Quelques années
plus tard, un autre Français, Georges Méliès crée l'art
cinématographique tandis que de multiples entrepreneurs s'emparent bientôt
de l'invention. Charles Pathé notamment est persuadé que le cinéma a un
riche avenir commercial devant lui. Il ouvre rapidement L'Omnia, une salle
de projection située au 5, boulevard Montmartre.
Cette initiative est ensuite largement copiée. Le Petit Journal, qui
s'appuie sur le grand nombre de ses lecteurs, se lance dans l'aventure,
proposant un spectacle éclectique aux spectateurs. Des tableaux
historiques, des adaptations des oeuvres littéraires du patrimoine
français ou étranger, des saynètes comiques mais également la mise en
scène des faits divers et autres événements d'actualité sont autant de films
proposés à l'attention des badauds présents dans la salle. Cet engouement
gagne ensuite les campagnes, des forains s'équipant d'une salle de
projection ambulante.
Ainsi, à la veille de la première Guerre mondiale l'ensemble des Français
s'est déjà familiarisé avec le septième art et chacun est fasciné par le mouvement que permet ce type de création. Aussi pendant le conflit
qui embrase l'Europe, les salles continuent de se remplir et l'on visionne
avec appétit ou anxiété des images du front. Le spectateur ne s'est pas
encore fait critique du travail du journaliste de l'image cinématographique
et celles-ci sont l'expression de ce que l'on considère être la
réalité.

