Police et justice.
" Les Apaches sont dans la
ville ",
Le Petit Journal.
Par Marc Nadaux
"
Apache", ce terme apparaît pour la première fois pendant l'été
1900 sous la plume de Victor Moris, journaliste au quotidien Le Matin, qui
dénonce dans son article les " mauvais garçons " de Belleville
et de Ménilmontant. Il se généralisera pour désigner les délinquants
issus de la jeunesse ouvrière des villes. Pendant les décennies
précédentes, celle-ci a grossit du flot des migrants venus des
campagnes, de l'au-delà des frontières nationales, de ces nouveaux déclassés
que l'haussmanisation concentrent dans les banlieues urbaines.
A la Belle Époque, ces derniers alimentent la chronique par leurs
méfaits : simples bagarres de rue ou meurtres, chapardages et autres trafics
organisés. Car ces violences inquiètent l'opinion, l'organisation en
bandes, souvent rivales, augmentant leur visibilité. Et la presse nourrit
le fantasme collectif de l'insécurité.
Hier, comme aujourd'hui, se pose la question de la lutte contre cette délinquance
juvénile, des moyens à employer. Ce quotidien populaire insiste ainsi
sur l'aspect dissuasif de l'emploi de la peine capitale au yeux de cette
jeunesse déviante, une idée reçue que combattra Albert Camus un
demi-siècle plus tard, arguments à l'appui. Car, dans ce que l'on
présente volontiers comme une contre-société, le méfait est aussi un
acte viril. La rue est le lieu des exploits de ces adolescents
malfaiteurs, qui sont autant d'actes volontaires de défi à l'autorité
des forces de l'ordre.






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