La Restauration.
Le Sacre de Charles X.
Le Sacre de Charles le Simple,
Pierre Jean de Béranger.
Par Marc Nadaux
Sur
un tout autre registre,
le sacre du nouveau souverain est brocardé par le
chansonnier. A bien des égards d'ailleurs, la cérémonie apparaît aux
contemporains comme anachronique. Les rites ancestraux sont soigneusement
conservés, y compris le toucher des scrofuleux.
Français,
que Reims a réunis,
Criez: " Montjoie et Saint-Denis ! "
On a refait la sainte ampoule
Et, comme au temps de nos aïeux,
Des passereaux lâchés en foule
Dans l'église volent joyeux.
D'un joug brisé ces vains présages
Font sourire Sa Majesté.
Le peuple crie : " Oiseaux, plus que nous soyez sages ;
Gardez bien, gardez bien votre liberté " (bis)
Chamarré de vieux oripeaux
Ce roi, grand avaleur d'impôts,
Marche entouré de ses fidèles,
Qui tous, en des temps moins heureux,
Ont suivi les drapeaux rebelles
D'un usurpateur généreux.
Un milliard les met en haleine
C'est peu pour la fidélité.
Le peuple crie : "Oiseaux, nous payons notre chaîne ;
Gardez bien, gardez bien votre liberté " (bis)
Aux pieds de prélats cousus d'or,
Charles dit son Confiteor.
On l'habille, on le baise, on l'huile,
Puis au bruit des hymnes sacrés,
II met la main sur l'Évangile.
Son confesseur lui dit : " Jurez !
Rome, que l'article concerne,
Relève d'un serment prêté. "
Le peuple crie : "Oiseaux, voilà comme on gouverne ;
Gardez bien, gardez bien votre liberté " (bis)
Oiseaux, ce roi miraculeux
Va guérir tous les scrofuleux.
Fuyez, vous qui de son cortège,
Dissipez seuls l'ennui mortel
Vous pourriez faire un sacrilège
En voltigeant sur cet autel.
Des bourreaux sont les sentinelles
Que pose ici la piété.
Le peuple crie : " Oiseaux, nous envions vos ailes ;
Gardez bien, gardez bien votre liberté " (bis)

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