La Restauration.
Le Sacre de Charles X.
Par Marc Nadaux
Vingt-cinq années passées dans l'émigration
ont conforté le comte d'Artois, frère du roi Louis XVIII, dans ses
convictions politiques. Selon lui, la monarchie doit s'organiser suivant
les principes de l'Ancien Régime. Alors que la Restauration évolue peu
à peu vers une ébauche de régime parlementaire, il n'affiche que mépris
pour les débats à la Chambre et le jeu des élections. S'inscrivant
comme un soutien intangible du groupe ultra, le comte d'Artois est ainsi
l'espoir et l'inspirateur de la contre-révolution.
A la mort de son frère, le
16 septembre 1824, Monsieur devient roi et hérite du trône de France, le
24 septembre suivant. Avec la cérémonie qui se déroule le 29 mai 1825
en la cathédrale de Reims, Charles X est le dernier souverain sacré
suivant la pratique de l’Ancien Régime. Le toucher des scrofuleux qui
affirme le pouvoir thaumaturge du nouveau souverain fait d’ailleurs
partie du cérémonial ! L’événement est symptomatique de la
volonté de Charles X d’imposer une politique de réaction. Le roi
souhaite ainsi " fermer les dernières plaies de la Révolution ".
Le nouveau souverain bénéficie d'ailleurs d'une réelle popularité. Au début de
son règne, domine dans l'esprit des Français sa réputation de grandeur
et de générosité. En 1825, peu après l'événement, le poète et le
chansonnier nous donne leur point de vue.

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