La Restauration.
L'opinion
publique à Paris, 1828.
Rapport de l'officier de paix
du XIIème arrondissement
au chef de la police sur l'état d'esprit
qui règne chez les habitants
du faubourg Saint-Antoine.
Par Marc Nadaux
Au mois de janvier 1828, entre en fonctions le ministère Villèle.
La tache s'avère difficile pour ce dernier, en butte à une Cour hostile
et à une Chambre à majorité fluctuante. Le vicomte de Villèle tente
ainsi de gouverner au centre, en donnant des gages à la droite ultra - la
conservation de deux ministres issus du gouvernement Villèle - et en
adoptant des réformes libérales. Le 21 avril 1828, une ordonnance retire
la charge de l'enseignement primaire au Clergé ; le 18 juillet
suivant une loi sur la presse supprime l'autorisation préalable...
Cependant ces mesures sont jugés inacceptables par les ultras et
insuffisantes par les libéraux. Ceux-ci contribuent d'ailleurs à
entretenir l'agitation dans les rues de la capitale. Le peuple parisien
souffre ainsi de l'augmentation des denrées alimentaires et de la baisse
des salaires, la crise économique aiguisant le ressentiment vis à vis du
gouvernement. On s'arrache alors les chansons satiriques de Béranger, on
discute et on manifeste brillamment, notamment dans le faubourg
Saint-Antoine, un quartier ouvrier de l'Est parisien.

