Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

Les Documents






La Seconde République.
 

Les Journées de Juin, juin 1848.

Circulaire du Ministre de l'Intérieur
aux Préfets, 27 juin 1848.



Par Marc Nadaux



Les journées révolutionnaires ont fait 1.500 morts parmi le peuple des ouvriers parisiens et des forces de l'ordre. La répression s'organise ensuite à l'échelle de l'ensemble du territoire de la République et 15.000 prisonniers vont bientôt prendre le chemin de la déportation en Algérie. Le mouvement ouvrier est ainsi décapité, certains de ses inspirateurs, Louis Blanc en particulier, faisant l'objet de poursuites. 






RÉPUBLIQUE FRANÇAISE


LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ



Paris, le 27 juin 1848.



Citoyen Préfet, après quatre jours d’une lutte sanglante et opiniâtre, la République a prévalu contre ses ennemis. La Garde nationale, la garde mobile, l’armée ont rivalisé de courage et de dévouement. Le triomphe de la liberté et des lois n’a été obtenu qu’au prix des plus douloureux sacrifices ; mais le pays attachera d’autant plus d’honneur à conserver les institutions républicaines qu’elles lui auront coûté davantage.

La population de Paris, armée toute entière pour sa défense, la brave troupe de ligne, les gardes nationales du département, qui ont généreusement pris part au combat, sont aujourd’hui debout et réunies dans un même sentiment. Elles veillent au maintien de l’ordre et de la liberté, elles achèvent de décourager les passions aveugles et criminelles qui menacent la société toute entière.

Le pouvoir exécutif est confié eu Général Cavaignac dont la France connaît le patriotisme et le courage. La République n’est point en péril. Il n’y a que l’anarchie de vaincue. L’état de siège ne menace aucune des garanties sociales : dans les circonstances actuelles , il ne peut que les fortifier. L’Assemblée nationale n’a point eu d’autres pensées.

Annoncez que Paris est à la fois calme et libre : rétablissez la confiance trop longtemps ébranlée .Faites connaître que les factieux sont réduits à l’impuissance et que les coupables sont déférés à la sévérité des lois.

Prenez toutes les mesures de précaution et des surveillance que réclameraient les circonstances. Veuillez me signaler le départ des hommes suspects qui se rendraient à Paris ; faites rechercher les complices des derniers attentats de juin qui auraient cherché un asile dans votre département. Montrez-vous ferme et énergique, et que les bons citoyens se rassurent en voyant que l’autorité républicaine est forte.

Je compte sur vous pour être exactement informé de tous les fait dignes d’attention qui viendraient à se produire.


Salut et Fraternité.


Le Ministre de l’Intérieur.

Signé : Recurt.











 

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