La
Seconde République
L'instauration du suffrage universel
et sa remise en cause.
Par Marc Nadaux
Louis Philippe d'Orléans, qui règne
depuis les journées de juillet 1830, met en place un régime politique
qui satisfait les aspirations de la bourgeoisie libérale.
S'appropriant le legs idéologique de 1789, cette monarchie parlementaire
vit au rythme des décrets royaux, des élections au suffrage censitaire.
Celles-ci ne laissent que peu de place aux aspirations populaires. Le
corps électoral ne compte en effet que 200.000 membres. L'opposition républicaine
se déploie alors avec des manifestations de rue, des coups de main préparés
par les sociétés secrètes à la tête desquelles se retrouvent Armand
Barbés ou Auguste Blanqui.
La vie politique de la Monarchie de Juillet s'organise autour du
clivage à la Chambre des députés qui sépare le parti du
"mouvement", progressiste et considérant la Charte de 1830
comme un point de départ, et celui de la "résistance",
conservateur ou réactionnaire et qui n'accepte aucun aménagement supplémentaire. Si les
deux partis adverses alternent dans un premier temps au pouvoir, celui-ci
est confisqué à partir de 1840 par François Guizot et les
conservateurs.
Les manifestations réformistes et révolutionnaires se multiplient alors
tandis que le mécontentement est aiguisé par les crises économiques.
L'interdiction d'une réunion publique le 22 février 1848 provoque bientôt
une émeute dans la capitale parisienne. Le surlendemain, le palais des
Tuileries est pris d'assaut et Louis-Philippe Ier doit abdiquer.
Un gouvernement provisoire dominé par le poète Alphonse de Lamartine
proclame la République.
Une nouvelle définition du mode de scrutin s'impose alors aux yeux
du nouveau pouvoir en place.

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