Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

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Luttes sociales
 chez les flotteurs de bois de Clamecy (Nièvre).


Par Marc Nadaux



Depuis le Moyen-Age, les habitants du Morvan trouvent dans la proximité de la capitale parisienne un exutoire aux difficultés économiques, endémiques dans la région. Dès le XVIème siècle, ce sont ainsi les bûcherons de Clamecy qui fournissent pour une large part les Parisiens en bois de chauffage. Descendants les collines des environs, les troncs sont rassemblés au port de la ville. Portés par le courant de l'Yonne, les flotteurs se chargent alors, en une quinzaine de jours, de les acheminer jusque Paris.

Ces derniers pratiquent un métier dangereux, le flottage de nuit surtout, et harassant, le flotteur travaille nuits et jours, dirigeant son train et prenant soin de ne pas s'échouer ou de fracasser la pilasse d'un pont. Peu payés, ces ouvriers ruraux sont aux abois lorsque pointe à l'horizon une éventuelle récession. Tenus par la main puissante de la Compagnie, placés à la disposition des marchands de l'aval, leurs revendications n'aboutissent que rarement.

D'autant plus que les flotteurs sont sous l'étroite surveillance des autorités. Le ravitaillement en bois de la capitale est en effet d'importance. Le pouvoir politique prête attention à l'évolution de l'opinion dans la rue, celle-ci montrant son mécontentement en cas de pénurie de bois à l'approche des premiers froids de l'hiver. En contact avec le monde ouvrier parisien, les flotteur de Clamecy ont des idées politiques avancées au sein des campagnes. Pénétrés par le discours républicain, ils prennent ainsi à Clamecy la tête de la résistance au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte au mois de décembre 1851.

Avec l'avancement du siècle, la lutte sociale se fait plus âpre. Le développement du chemin de fer amène une concurrence contre laquelle la Compagnie ne peut lutter. Les trains de bois en partance pour Paris se font donc de plus en plus rares, d'autant plus qu'un nouveau combustible, le charbon, est maintenant utilisé par les Parisiens. Bientôt c'est même l'approvisionnement de la ville de Clamecy qui est menacé. Cette profession disparaîtra avec le siècle.








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