La société.
La mer et les sociétés
littorales.
Les Terres-Neuvas.
Par Marc Nadaux
A
la fin du XVIIIème siècle, la pêche terre-neuvière est une activité
économique rentable pour les ports français du Ponant. Elle fait vivre
un pêcheur français sur deux, soit un marin sur cinq. Ceux-ci
cohabitent avec les marins anglais, les zones de pêche respectives étant
soigneusement délimitées. De 1783 à 1904, depuis le terme de la
guerre d'Indépendance américaine jusqu'à l'Entente cordiale, le French
Shore s'étend ainsi du cap Saint John vers l'Ouest, encerclant la péninsule
Northern vers le Sud, jusqu'au cap Ray. Au cours du XIXème siècle
cependant, la pêche à la morue sur les bancs, qu'accompagne l'industrie
du séchage à terre, dans les îles de l'archipel de Saint-Pierre et
Miquelon, est en recul. Le French Shore permet néanmoins aux pêcheurs
français saisonniers, les Terre-Neuvas, de continuer à approvisionner
les marchés français en morue salée. Leur nombre est en diminuation au
cours du siècle. Si 9.000 pêcheurs sont recensés en 1820, ils ne sont
plus que 133 en 1898, quelques dizaines donc au moment où Le Petit
Journal leur consacre sa une. Ce reflux que connaît la profession n'est
d'ailleurs que la conséquence d'une évolution du goût chez les
consommateurs, qui délaissent la morue des Maloins au profit des poissons
de marée.


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