Le XIXe siècle
(1815 - 1914)

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La Troisième République.


L'antimilitarisme,
d'après Le Petit Journal.


Par Marc Nadaux



Si l'on s'en tient à ces deux unes du Petit Journal, l'antimilitarisme ne peut être en ce début de siècle qu'un acte isolé, celui d'un asocial. D'ailleurs ces actes provocateurs - crier " A bas l'armée ! " au passage d'un régiment - font l'unanimité contre leurs auteurs qui ont à essuyer les foudres de la foule présente, largement gagnée à la cause militaire. Car l'armée a ses partisans : l'ensemble d'une nation. Sous la Troisième République et alors que chacun songe aux provinces perdues, l'Alsace-Lorraine annexée au Reich allemand, c’est l’Arche sainte, l’instrument de la Revanche. Et les crises marocaines - de 1905 et 1911 - sont là également pour signaler aux Français qu'un conflit ouvert avec l'Allemagne de l'Empereur Guillaume II, est de nouveau possible.

Cependant, avec l'affaire Dreyfus, puis l'affaire des Fiches, où le haut comandement peut clairement être mis en cause aux yeux même de l'opinion publique, l’antimilitarisme républicain, impensable depuis 1870 et la défaite, se réveille. Il prend une ampleur inédite dans tous les milieux sociaux. Se développe ainsi une hostilité à l’égard des officiers considérés comme une caste ennemie du peuple, ennemie du libéralisme et liée à toutes les formes de la réaction. S'ajoute à ce phénomène de masse, celui plus visible de l'antimilitarisme de l'extrème-gauche, du journal l'Assiette au beurre par exemple, le brûlot anarchiste.


























 

© Anovi - 2005