La Troisième République.
Marianne et la République.
Par Marc Nadaux
Marianne
incarne la République, depuis 1792. Les premières représentations d'une
femme à bonnet phrygien apparaîssent en effet sous la Révolution française,
peu après le vote de la déchéance de la monarchie. L'origine de cette
appellation cependant n'est pas connue avec certitude. Ce prénom, qui
fait référence à Marie, est d'une utilisation très commune. Représentant
donc le peuple, il sera également utilisé par les contre-révolutionnaires,
par dérision envers la République. Symbole de liberté, le bonnet
phrygien quant à lui était porté par les esclaves affranchis dans
l'Antiquité greco-romaine, puis, à l'époque, par les marins de la Méditerranée.
Sous la Troisième République triomphante, Marianne et ses effigies se
multiplient. Les statues dans les lieux publics, et surtout les bustes de
Marianne s'installent dans les mairies. Les timbres, et autres pièces de
monnaies, assurent une diffusion au quotidien, l'acculturation des masses
au républicanisme. Avant que la première Guerre mondiale n'ajoute la
Mère patrie des Poilus à la gamme de ses identifications. Plusieurs
types de représentation se développent cependant. Certains privilégient
le caractère révolutionnaire. Marianne est alors en mouvement, le buste
dénudé et coiffé du bonnet phrygien. Plus sage et maternelle, sa
représentation se fait également statique et prude.


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